Salut !
Voici quelques chansons sans leur musique, que je propose aux compositeurs qui seraient intéressés par les textes (comme vous le verrez, elles ne sont pas de première jeunesse) :
Clair-obscur (1992)
Amoureux malheureux,
Boulot pas rigolo,
Tu pleures tes douleurs;
Mais ailleurs d'autres meurent,
Pâleur de la peur,
Pour les larmes il est l'heure,
Quelle que soit leur couleur.
Qui fait la différence
Entre toutes les souffrances ?
Quelle religion ?
Quelle société est assez sacrée
Pour donner, donner des leçons ?
Faut pas croire que tout soit vraiment clair,
Il faut voir l'endroit avec l'envers,
Et pas croire que tout soit aussi clair.
Des petits tout gentils,
Des grands très méchants,
T'en vois où que tu sois;
Quand les coups se font pluie,
Les loups ? Ici aussi!
Chaperon rouge sang
Quels que soient les parents.
Quelle couleur de peau
Fait les meilleurs bourreaux ?
Quelle religion ?
Quelle société est assez sacrée
Pour donner, donner des leçons ?
Faut pas croire que tout soit aussi clair,
Va savoir où ça va de travers !
Faut pas croire que tout soit aussi clair.
Qui fait la différence ?
Quelle couleur de peau ?
Quelle religion ?
Tout à zéro (1984)
Tu repars jamais tout à fait à zéro,
Même quand tu crois que t'as fait ce qu'il faut :
Te restent encore au fond du cœur,
Dans un coin de ton âme, au creux de l'estomac,
Des bribes, des miettes, des restes d'autrefois,
Des relents, des traces, des miasmes, des odeurs
De honte, de respect, de remords ou de peur.
Les grands, quand t'étais gosse, c'était pas un cadeau :
Pas de coups, pas de cris,
Mais pas d'amour pour toi, petit !
T'as dit "OK, j'attendrai tant qu'il faut
Le moment de reprendre tout ça à zéro".
- " mon garçon, il te faut du sérieux, du bon sens,
Pas de sensiblerie,
Pas de cajoleries !"
T'as dit "d'accord, ça n'a pas d'importance
Si, en face des filles je manque d'assurance :
Quand je serai enfin quelqu'un comme il faut,
Je pourrai bien reprendre tout ça à zéro".
Tu repars jamais tout à fait à zéro,
Même quand tu crois que t'as fait tout ce qu'il faut.
On te veut mégalo, tu deviens alcoolo,
Pas d'amour, pas d'amis,
Mais pourtant tu te dis :
"Elle est bien quelque part, la fille qu'il faut
Pour m'aider à reprendre tout ça à zéro".
Deux paumés qui se trouvent et qui tentent leur chance,
À coups de nuits d'oubli,
À coups d'envie de vie;
T'as dit "Bien sûr, c'était écrit d'avance :
Le destin! tout est bien! patience et récompense".
Tu peux te dire enfin, même fou, même faux :
"Je savais bien qu'un jour tout repart à zéro".
Mais tu repars jamais tout à fait à zéro,
Même quand tu crois que t'as fait tout ce qu'il faut :
Te restent encore au fond du cœur,
Dans un coin de ton âme, au creux de l'estomac,
Des bribes, des miettes, des morceaux d'autrefois,
Des relents, des traces, des miasmes, des odeurs
De honte, de respect, de remords ou de peur.
Tu repars jamais tout à fait à zéro,
Même quand tu crois que t'as fait tout ce qu'il faut !
Toi (1986)
Avant toi, bien sûr il y a eu, mon amour,
De coups de foudre en coups de cœur,
Des tas de passions, pour toujours,
Des plaies vives : il faut des erreurs
Qui du plus loin, au pays du bonheur,
Donnent le billet de retour.
Avant toi, sais-tu, j'ai bien cru, mon amour,
N'être jamais qu'homme à moitié,
Vivre ma vie au jour le jour
Sans m'ouvrir cet exquis sentier,
Dédale doux de désirs extasiés
Dont je ne savais que le contour.
Avant toi, vois-tu, j'ai connu, mon amour,
La lente détresse adolescente
Qui tue les gestes, les discours,
Et qui met le bonheur en attente;
J'ai pas connu la douceur d'une amante
Lovant ses rêves à mon secours.
Avec toi, enfin j'ai vécu, mon aimée,
La plénitude du plaisir;
Et au paumé, vif écorché,
T'as offert, en deux ou trois sourires,
Envie de vivre et foi en l'avenir,
Un cœur, un corps rassasiés.
Et depuis lors, depuis que je dors
Avec toi,
Je vis à ras bord,
Je vis en émois,
Je vis tout en toi.
De nous à elle (1984)
Je t'envoie de nous des mots d'amour fous,
Je te fais de loin frissonner un rien,
Partout où c'est doux,
Où ça fait du bien.
Tu es dans nos bras à la moindre peur,
Nos voix exorcisent avec des mots-fleurs
Les maux de ta vie, sève d'agonie
Qui ronge tes nuits, peuple tes folies.
Sens-tu leur caresse ? Est-ce que leur chaleur
Glisse dans ton cœur un peu de bonheur ?
Je t'envoie de nous des brassées de bisous,
Je te fais de loin des baisers coquins,
Partout où c'est doux,
Où ça fait du bien.
Même loin tu es à portée de cœur,
Tu palpites en nous au moindre malheur,
Dans nos rêveries, lorsque tes jours gris
S'accrochents à nos pluie, t'habillent d'ennui.
Sens-tu nos caresses ? Est-ce que leur saveur
Laisse sur ta peau un doigt de bonheur ?
Je t'envoie de nous des caresses floues,
Je te fais de loin de tendres câlins,
Partout où c'est doux,
Où ça fait du bien.
Et malgré l'absence, tes lascives langueurs
Animent nos mains d'assez de douceur
Au moindre repli de ton corps-magie,
Frôlements d'envie, portes de l'oubli.
Sens-tu ces caresses ? Est-ce que leur ferveur
Ravive ta vie d'un flot de bonheur ?
Je t'envoie de nous tout ce qui est doux,
Je te fais de loin ce qui fait du bien,
Partout où c'est doux,
Où ça fait du bien,
Où ça fait du bien.
Autiste (1984)
Tu vis, mais tu vis dans un monde où il n'y a que toi.
Le temps, les heures, les secondes, ça n'existe pas
Dans l'éternité immonde où tu te débats.
Tu as appris trop tôt, trop fort, ça t'a fait peur,
La lame des mots qui déchirent le cœur,
Les regards d'acier qui vous transpercent l'âme,
Les gestes glacés qui éteignent la flamme
D'un sourire dans les yeux, où palpite l'enfance,
les rires et les jeux, l'Amour, folle espérance !
Saura-t-on tes frayeurs ?
Sais-je si c'est la haine
Qui embrume tes yeux, qui affole ton haleine ?
Les saccades de raideur
De tes gestes immobiles
Pourront-elles jamais briser de leurs élans fragiles
Les cercles sans mémoire
D'un temps qui est l'histoire
De tes terreurs ?
Tu as appris trop tôt, trop fort, ça t'a broyé,
La vie mise en lambeaux, qui s'est comme éclatée,
Le repli sur la peur, comme un mur, sans envies,
Les vagues de rancœur, panique que tu cries,
Sans mots, quand une caresse fait vaciller ton vide :
Menace de tendresse, d'Amour, danger morbide.
Alors tu vis dans un monde, où il n'y a que toi...
L'île sœur (Tahiti-Moorea) (1989)
Refrain : C'est cinq heures, déjà se déchaînent les chiens;
Les coqs aussi à l'envi vocalisent,
Mais mille fleurs aux senteurs exquises
Me font te dire : "Comme on est bien !"
Le jour peint ses premières lueurs
Et dans le petit matin pâle
La silhouette de lîle sœur
Se dévêt de ses dernier voiles
De nuit accrochés aux contours
De lave en crêtes de dragon
Sur le satin bleu gris du lagon ...
Douce tiédeur de l'air alentour !
Au Refrain
Le soleil allume tour à tour
Des nuances de rose infinies
Pour parer de nouveaux atours
La silhouette alanguie
Dans les plis moirés de ses flots
Offrant les rides de ses lancs
À la caresse aux reflets changeants ...
Chaude douceur d'un jour nouveau !
Au Refrain
Le jour a peint ses premières lueurs
La silhouette de l'île sœur
Dans les plis moirés de ses flots
S'offre à nous, somptueux cadeau !
Refrain : C'est six heures, vois comme chahutent les chiens;
Les coqs aussi à l'envi vocalisent,
Et mille fleurs aux senteurs exquises
Me font te dire :" Comme on est bien,
Comme on est bien !"